LES TECHNIQUES DU PASSÉ
Excepté la technique des extendeurs, plus actuelle mais lourde d'un point de vue chirurgical, et dont il sera question dans les pages qui suivent, de nombreuses autres techniques peuvent être utilisées isolément ou associées à la greffe de cheveux. Citonsles pour mémoire tant ces techniques appartiennent déjà au passé.
Citons en premier la technique des expandeurs. Des ballonnets sont placés entre le crâne et le cuir chevelu et sont gonflés progressivement en vue de créer une expansion cutanée des régions chevelues (aspect en oreilles de Mickey). Une fois l'expansion réalisée et les ballonnets ôtés, les régions chauves sont excisées et remplacées par des lambeaux de cuir chevelu distendu.
Nous avons ici affaire à une technique de chirurgie réparatrice et non à une technique de chirurgie esthétique, qui permet la reconstruction, par exemple, de cuirs chevelus partiellement brûlés. Les suites opératoires sont éprouvantes, douloureuses
et incompatibles avec une vie sociale normale pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Le risque ultime de ce type d'intervention consiste en la mort d'une partie ou de la totalité d'un ou plusieurs lambeaux, selon la technique utilisée, et donc l'apparition de cicatrices parfois monstrueuses et impossibles à dissimuler.
La deuxième de ces techniques est la technique des lambeaux de rotation qui a été décrite par Passot en 1931, puis développée
par juri, Nataf et bien d'autres. Nombreux sont les auteurs qui n'ont juré, et ne jurent encore, que par l'une ou l'autre de ces techniques dont ils sont souvent les inventeurs et auxquelles ils ont associé leur nom.
Il est incontestable que (échec d'un lambeau peut entraîner parfois, en cas de nécrose de ce dernier, d'irréparables séquelles esthétiques. Bien sûr, certains réussissent à s'implanter, fort heureusement, mais que dire du résultat esthétique. En effet, la bordure frontale ainsi recrée, quelle que soit la méthode utilisée, offre l'apparence d'un coup de crayon barrant le front, aussi régulier qu'un trait de maquillage soulignant le contour de l'oeil.
La densité de cheveux supérieure obtenue grâce à cette technique est
bien son seul avantage sur la microtransplantation. Cette technique pourrait donc trouver son application chez un patient ayant le goût
du risque et souhaitant retrouver une densité comme à l'origine. Ce pourrait être un type précis de patient,
soit un homme de 50 ans et plus dont la calvitie est stabilisée
et qui affiche de petits golfes. En dehors de ce cas de figure,
qui représente par ailleurs une merveilleuse indication de
microtransplantation, il est déconseillé à
quiconque d'avoir recours à ce type de traitement.
Une troisième technique
consiste en la réduction de la tonsure classique et correspond
à une excision suture, après décollement sous
cutané, d'une portion de cuir chevelu chauve. La rançon
cicatricielle se complique souvent d'une distension secondaire de
la surface réduite, ramenant souvent le patient, quelques
mois ou quelques années plus tard, à l'état
initial (stretch back).
Et que dire de la greffe de
cheveux synthétiques, une technique qui a causé tant
de problèmes aux patients (infections parfois graves et rebelles
au traitement; rejets; inflammation et cicatrisation difficile).
Là encore, on ne peut conseiller à personne d'avoir
recours à de tels procédés. Il est donc préférable
d'écarter cette technique, à moins de la découverte
d'un matériel biocompatible avec le corps humain, fondé
sur des études cliniques qui prouvent sa parfaite tolérance
et son innocuité pour l'organisme.
Enfin, quelques mots sur la
technique des extendeurs qui est sans doute, parmi toutes les techniques
décrites précédemment, la plus actuelle, la
plus innovante et la plus originale. Le principe de l'extension
repose sur l'étirement des zones chevelues, par l'équivalent
d'une membrane élastique placée sous la peau. Cette
méthode, très différente de celle des expandeurs,
a pour conséquence la compression de la surface chauve qui
peut, dans un second temps opératoire, être excisée
et suturée.
A l'issue d'une ou deux extensions,
il est parfois possible d'éliminer l'essentiel de la surface
chauve, au prix de la création d'une fente alopécique
traversée d'une longue cicatrice verticale. Bien sûr,
le traitement doit se poursuivre et c'est pourquoi il est nécessaire
de réaliser la correction de cette fente, le plus souvent
lors d'un troisième temps opératoire, par la réalisation
d'un triple lambeau de transposition. Il s'agit, là encore,
d'une intervention lourde et non dénuée des risques
exposés précédemment, inhérents à
la réalisation de tout lambeau.
Le recours au lambeau s'impose
dans ce cas, d'autant plus que les séances d'étirement
ont provoqué un changement d'axe des cheveux de la couronne.
Seul le lambeau permet de recréer le tourbillon et de corriger
le sens des cheveux, temporairement perturbé.
Cette technique ambitieuse et
très spectaculaire semble pouvoir s'appliquer à certaines
grandes calvities, lorsque la zone donneuse ne permet pas le traitement
efficace de la calvitie par la technique des implants.
Excessivement douloureuse dans
la phase postopératoire, sa prescription reste malgré
tout limitée. Cette technique ne s'applique pas à
plus de 1 à 5 % des hommes, et elle est réservée
à l'homme d'âge mûr, dont la calvitie est stabilisée.
Elle est donc à proscrire chez l'homme jeune et chez la femme.
D'où la recherche de
solutions nouvelles et définitives, qui amènent, dans
la grande majorité des cas, les patients motivés à
recourir à la microtransplantation capillaire.
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