|
LES PERSPECTIVES D'AVENIR
Nous pouvons raisonnablement
espérer la réalisation de trois grands progrès
pour l'avenir dans le domaine du traitement de la calvitie.
Le premier serait une automatisation
de la technique gui permettrait de réduire le temps de l'intervention.
Sachant qu'il faut aujourd'hui entre quatre et cinq heures, aidé
d'une équipe nombreuse et entraînée, pour réaliser
une séance de 1000 implants, il n'est pas impensable d'imaginer
que le temps d'intervention pourrait, dans les 10 à 15 années
qui viennent, être coupé de moitié. Il s'agirait
là d'une optimisation du temps de travail qui concernerait
les deux temps principaux de (intervention que sont la découpe
des implants et a transplantation proprement dite. Dans ces deux
domaines, il existe déjà certaines machines ou instruments
divers inventés par quelques bricoleurs de génie.
Mais force est de reconnaître qu'à ce jour rien ne
saurait remplacer (extrême précision d'un travail manuel
sous contrôle de la vue, aidé dans certains cas du
microscope.
Malgré tout, on peut
penser qu'il sera possible un jour d'effectuer une découpe
des implants par laser après lecture des follicules par un
rayon optique. Cela n'est pas inconcevable, loin de là, pas
plus qu'une méthode gui permettrait de transplanter la totalité
des implants en un seul geste et en quelques secondes. Il faut pour
cela continuer la recherche et encourager toutes les équipes
qui cherchent à améliorer sans cesse leur savoir faire
et ce, à travers le monde. C'est ce que fait (International
Society of Hair Restoration Surgery, gui récompense chaque
année, lors de son congrès annuel, les plus intéressantes
découvertes.
La culture de cheveux, deuxième
grand progrès technique, créerait sans une véritable
révolution dans la discipline. Patients et praticiens l'attendent
et l'espèrent, car elle saurait régler définitivement
le problème de la zone donneuse dispnnible et permettrait
à tous ceux qui le souhaitent, quel que soit le stade de
leur calvitie, d'accéder à un traitement définitif,
et quelque part sans fin.
En effet, nous pouvons imaginer
dans l'avenir des banques de cheveux, comme i[ existe aujourd'hui
des banques de sperme. Chaque patient pourrait avoir à son
nom et réservé, des milliers ou des millions de cheveux
issus de la culture de son propre matériel génétique.
Cela permettrait un traitement quasiment sans limites, si ce n'est
celles fixées par chaque patient. Deux problèmes se
poseraient alors à lui. Tout d'abord, un problème
d'emploi du temps, à savoir, trouver quelques heures de fibre
sur son agenda pour se faire traiter. Puis un autre problème,
de nature financière cette fois, relatif aux coûts
de cette opération, bien qu'à ce moment le coût
pourrait avoir significativement diminué.
Enfin, le produit antichute
efficace, mais plus encore, le produit qui ferait repousser les
cheveux représenterait le troisième grand progrès.
De très nombreux produits
cosmétiques ou médicamenteux existent déjà
sur le marché, mais, malheureusement pour les patients, point
de produits miracles à l'horizon. Dernièrement, une
molécule à visée hormonale, le Finastéride,
connue de longue date pour agir sur la sphère urogénitale
a obtenu l'autorisation de mise en marché pour le traitement
de la chute des cheveux. Les hommes seront ils prêts à
prendre toute leur vie une molécule agissant sur leurs hormones
mâles? Rien n'est moins certain et il se peut même qu'un
phénomène de lassitude et d'inquiétude se substitue
rapidement à l'euphorie des premiers mois qui suivront le
lancement de ce nouveau médicament, que certains optimistes
ont déjà décrit comme le traitement définitif
de la chute de cheveux. Mais cela n'est absolument pas le cas. Il
ne peut agir que sur un nombre limité de personnes et uniquement
sur certaines localisations chauves. S'il permet dans certains cas
une repousse, cette repousse est modérée et ne règle
en aucun cas le problème de calvitie. L'avenir nous dira
s'il s'agit ou non d'une découverte capitale, mais il n'en
reste pas moins que le mécanisme de la chute de cheveux demeure
complexe.
D'importants progrès
auront certainement lieu dans l'avenir et d'autres molécules
efficaces pourront voir le jour, mais ces avancées ne devraient
pas remettre en question la microtransplantation, qui restera toujours
le premier traitement définitif et non chimique de la perte
de cheveux.
|