LES PRODUITS ANTICHUTE
Si la microtransplantation
de cheveux reste à ce jour la méthode la plus définitive
et la plus incontestable aux vues des résultats qu'elle propose,
il n'en demeure pas moins qu'il existe un grand nombre de produits
ou de médicaments sur le marché qui participent, sinon
à la repousse ou à un arrêt définitif
de la chute, du moins à l'indispensable hygiène capillaire
que tout homme ou toute femme se doit d'entretenir, a fortiori ceux
et celles qui sont sujets à la perte de leurs cheveux.
Retenons trois produits qui
ont fait l'objet d'études scientifiques et qui méritent
un intérêt particulier, dans la mesure où ils
peuvent, chez certains, agir avec quelque succès, et en premier
lieu, sur la chute des cheveux. La repousse reste quant à
elle beaucoup plus aléatoire si l'on veut bien parler de
vrais cheveux de texture et de calibre normaux, et non de duvet
en tout état de cause insuffisant pour permettre le retour
à une coiffure normale.
Le premier de ces produits,
le plus ancien des trois, est le Minoxidil. Il est aujourd'hui proposé
à deux concentrations, 2 et 5 %, et se présente sous
la forme d'un spray à appliquer localement une à deux
fois par jour.
Ce médicament décrit
il y a de nombreuses années comme agissant définitivement
sur la chute des cheveux, ne s'est finalement pas avéré
aussi performant que prévu, démontrant ainsi la grande
complexité des mécanismes impliqués dans l'alopécie,
ainsi que la difficulté qui en découle à mettre
au point des molécules réellement actives.
Cela étant, des millions
d'hommes et de femmes à travers le monde utilisent ce produit,
ce qui suffit à convaincre qu'il peut, dans certains cas,
exister un vérin positif. Pour preuve, un grand nombre de
patients reçus en consultation qui suivent scrupuleusement
depuis des années ce traitement et qui décrivent une
certaine stabilisation ou un ralentissement de la chute de leurs
cheveux. Il n'en est pas moins vrai que le simple fait de consulter
et de se renseigner sur la technique de microtransplantation de
cheveux atteste des limites de ce traitement qui, sauf des cas rarissimes,
n'a pas permis au patient d'obtenir une réelle repousse.
Cela sans compter la lassitude qui existe à s'astreindre
à un entretien quotidien, sous peine de voir les effets bénéfiques
du traitement disparaître dans les semaines qui suivront son
arrêt. Dans ce cas également, les patients recherchent
des solutions nouvelles et définitives et décident,
dans la grande majorité des cas, d'opter pour la microtransplantation.
Concernant les contre indications
et les complications liées à l'utilisation de ce médicament,
hormis certaines rares allergies et modifications du rythme cardiaque
et de la tension artérielle, réversibles à
l'arrêt du traitement, nous pouvons considérer son
utilisation comme facile et destinée au plus grand nombre.
Le deuxième produit qui
a fait, à ce jour, l'objet de trois études cliniques
publiées, l'une dans The journal of international Medical
Research, en 1992, l'autre dans les Nouvelles Dermatologiques, en
1994, et la dernière dans Revista Brasileira de Mediclna,
en 1997, est le Viviscal.
Découvert par hasard
en 1992 par le Dr Lassos au Centre des recherches dermatologiques
d'Helsinky en Finlande, ce complément alimentaire à
base, entre autres, de protéines et d'enzymes marines, révèle,
aux vues des différentes études, certains résultats
positifs, notamment sur la chute, que d'autres études actuellement
en cours devront confirmer.
Cela étant, dans l'état
actuel de développement de ce produit, nous savons déjà
que ce traitement, dont le mécanisme d'action reste inconnu,
ne peut, lui non plus, suffire à lui seul à résoudre
le difficile problème de la chute de cheveux, et qu'il montre
déjà ses limites, particulièrement dans des
calvities à partir du stade IV de Hamilton, où il
semble totalement inefficace.
Il n'en reste pas moins une
arme supplémentaire qui ne doit pas être systématiquement
négligée, même si l'efficacité parfois
retrouvée peut sembler relever d'un simple effet placebo.
Enfin, il est une dernière
molécule qui mérite notre attention. Il s'agit d'un
médicament qui s'obtient comme le Minoxidil, sous prescription
médicale. Connu sous le nom de Propecia, ce médicament
empêche la transformation de la testostérone en un
produit dérivé: la di hydro testostérone. Cette
di hydro testostérone, qui est la véritable hormone
impliquée dans les mécanismes concourant au développement
de la calvitie, est systématiquement retrouvée en
quantité importante chez l'homme ou la femme touchés
par la chute de cheveux, alors qu'elle est absente chez les autres,
d'où l'idée de mettre au point une molécule,
en l'occurrence le Propecia, qui empêcherait la transformation
de la testostérone, et donc la fabrication de son produit
dérivé et, pour finir, éviterait la chute des
cheveux.
Une telle vision des choses
pouvait nous laisser à penser que nous avions peut être
trouvé là un vrai traitement efficace. Pour illustration
des résultats, les dernières études affichant
des chiffres aussi impressionnants qu'une repousse visible observée
dans 48 p. 100 des cas.
Pourtant, après plusieurs
années d'utilisation en France et aux États Unis,
même s'il est encore trop tôt pour conclure, les résultats
déjà observés ne permettent pas de penser que
ce traitement soit véritablement plus efficace que les précédents.
Cela pourrait même remettre en cause la théorie génétique
et hormonale telle que nous la connaissons, ou en tout cas nous
faire penser qu'il existe ailleurs des mécanismes encore
plus complexes et inconnus à ce jour.
Concernant la tolérance
à ce produit, nous pouvons considérer aux vues des
résultats des différentes études, qu'elle est
globalement bonne. Les effets secondaires le plus souvent observés
concernent la baisse de la libido dans 1,9 p. 100 des cas et les
troubles de l'érection dans 1,4 p. 100 des cas. Il est à
noter que ces troubles régressent à l'arrêt
du traitement.
Enfin, les différentes
études ont déjà permis de conclure que ce médicament
était inefficace chez la femme et même interdit chez
la femme enceinte en raison du risque important de malformations
foetales.
En conclusion, point de médicament
miracle. Nous voyons bien au travers de ce chapitre que la chute
de cheveux reste un phénomène difficile à comprendre
et que la microtransplantation apparaît sans doute plus que
jamais comme une grande technique d'avenir, et la seule à
ce jour à avoir fait ses preuves.
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